Son

Je réécris

Je te réécris mon ami, juste un moment parce que j’en avais envie.

Depuis j’étais perdu dans le temps, en passant on entendait des bruits par le vent.

Qui cherchait la gloire et la revolte, il sombrait dans l’abondance.

Et le jour solitaire semblait clair, obscuré par ce monde si violent.

Et l’hiver, paraissait encore plus froid, malgré la pluie.

Partir pour tout laisser, quitter pour tout abandonner dans la nuit.

Je me permets de chanter en faisant un hommage à ce silence enchanté.

En prenant le mot par l’obscur, une lumière assourdissante, moment d’une lecture.

Souviens-toi qu’on était personne.

Je t’écrirai toujours mon ami en pensant les plus suaves des mélodies.

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L’irrésolu

 

Les policiers l’ont convaincu des mensonges puis lui ont passé les menottes.

En suite, ils étaient tous au commissariat. Ils étaient quatre, trois parmi les policiers.

L’interrogatoire avait commencé sans cesse, on supposait d’avoir trouvé une piste, étrangement à Amsterdam…mais les nouvelles qu’on espérait et celles qu’on avait eues étaient fort différentes, hélas!

 Certains exclamations des policiers après l’interrogatoire étaient presque inouïe.  » – Je lui ai dit ce que je pensais, mais autant parler à un mur! » / « – Ces gens là nous sont trompés en faisant échouer tous nos projets. »

Pendant tout ce temps le Détective Bonetti avait été prévenu à Stockholm. Pressé de connaitre ce pseudo-coupable il s’en est fallu de quelque minutes qu’ils ne se soient rencontrés. Il avait peu dormi notre enquêteur, il s’était rendu dans la capitale hollandaise sans minime hésitation. Il n’avait pas une bonne mine, puis n’était absolument pas content du travail au commissariat:  » – Vous allez remplir cet imprimé en briffant les mentions inutiles ».  » – Je donne pouvoir au Chef Martinez de signer en mon nom ». Il dit le brigadier Jerondin pressé de rentrer.

Il eut beau faire effort, il n’arriva pas finir de compiler ce module.  » – Ici le fait de parler comme ça ne donne pas accès à une carrière heureux ». En battant un poing sur la table Bonetti. Il était furieux.

On voit que ce qu’on veut voir… Il n’est pas facile notre Détective avec le commissariat à Amsterdam. Il n’a été jamais facile avec la justice en général. Mais il faut tout de même essayer de s’entendre avec!

« – Bonjour. Est-ce que vous avez un instant? »  » – OUI? »  » Je me présent, je suis l’homme de votre imaginaire. Il ne faut pas rigoler, je suis sérieux. »  » Pardon Monsieur? »  » – Si je vous parle ce n’est pas par hasard. Est-ce que vous croyez dans le destin? »

 » Ça dépend, peut-être parfois. »

 » Et bieeeeen justement! Si en ce moment je vous parle, c’est parce que le destin m’a amené vers vous. Si on se croise c’est forcement pour une raison! »

La fille en face exprimait de l’étonnement et de l’embarras. Puis un petit sourire, agréable au regard à qui était attentionné aux détails de la vie.

« – D’accord, supposons que je vous fasse confiance. »

 » – C’est déjà bien. Donc si nous sommes ici, comme vous l’avez bien compris, c’est parce que nous avons une mission. C

omme mon nom, il sort de l’ordinaire, on m’appelle l’homme de l’imaginaire. Vous savez, je viens ici pour vous prouver quelque chose d’extraordinaire. »

A la prononciation de cette dernière parole la fille avait rougit. Le garçon l’avait vite remarqué, il savait qu’il pouvait continuer avec sa stratégie d’abordage. Effectivement cette stratégie ne s’appuyait pas à une loi ou n’importe quel autre institution, surtout pas de schéma. Cette stratégie devait être strictement fidèle à l’imprévu. Il fallait donner de l’exclusif au contexte nettement occasionnel.

 » Donc mademoiselle, si vous me suivez toujours, maintenant on va aller au concret de l’histoire ».

 » Comment? »

 » Je vais vous montrer ma théorie. »

Le moment était décisif, tout se jouait sur cet action. Le garçon surmontait ses limites doucement. Il savait qu’il ne fallait surtout pas se tromper de moment.

 » Je vais éprouver qu’on peut sortir de l’imaginaire et qu’on peut rendre réel la pensée humaine dans un seul instant ».

Le Détective Bonetti avait écouté cette histoire plusieurs fois. C’était l’enregistrement de l’interrogatoire.

Le soir du dimanche était arrivé, lui dans une chambre d’hôtel à Amsterdam. Le vent surement  portera conseil car ce qui reste de sa journée n’est que simple poussière autour d’un mystère.

 

 

Qui avait tué Lauriane Fargot?

 » J’avais suivi au jardin du Palais Royal – Kungliga Slotten -mon informateur. Normalement il devait rentrer chez lui avant le coucher du soleil. De sa villa, située sur une hauteur, on embrassait la vue du port et de la mer Baltique qui captent à présent des immeubles neufs. Nous nous sommes arrêtés, une fois surmonté le Nobelmuseet et sans savoir pourquoi nous avons contemplé longuement la mer, crêpelée par une brise légère, qui reflétait en myriades de lumières rouges la lueur paisible du soleil presque pâle.

La péninsule Scandinave reposait l’œil sa verte douceur qui pénétrait la mer de sa courbe immense comme une pénombre solide. Les môles et les jetées étaient glaciales, petits insignifiants dans leur rigidité linéaire. L’eau des bassins était – elle obscure parce que immobile ou simplement parce que trouble? Dans ce vaste panorama, rares étaient les eaux tranquilles par rapport à toute la rougeur mobile de la mer dont les yeux éblouis, nous n’avons pas tardé à tourner le dos. Par contraste sur la terrasse loin devant la maison  la nuit descendait déjà.

Devant la loggia, allongé dans un grand fauteuil la tête couvert par une casquette et protégée aussi par le col remonté de sa pelisse, les jambes enveloppés dans une couverture, dormait Max, l’ancien photographe de l’équipe de mode Paul -Ka.

Nous nous sommes arrêtés pour le regarder. Il avait la bouche grande ouverte, la mâchoire inférieure pendante comme une chose morte et la respiration bruyante et précipitée. A chaque instant sa tête retombait sur sa poitrine et lui, sans se réveiller, la redressait. Il faisait alors un mouvement des paupières comme s’il eût voulu ouvrir les yeux pour retrouver plus facilement l’équilibre et son souffle changeait de rythme. Une véritable interruption de sommeil.

C’était la première fois, disait mon informateur que la gravité de la maladie de Max apparaissait avec une telle évidence et j’en fus profondément désolé… parce que pour l’instant c’était le seul qui pouvais m’aider, le dernier qui avait vu Lauriane encore vivante, même si personne l’avait vu mourir.

Personne ne sait où elle était allée ».

Errer dans Stockholm

 

 

Le soleil brillait sur la mer Baltique. C’était le début de l’après-midi.

Il marchait taciturne en regardant autour de lui,sans avoir aucune destination précise. Il avait ses mains dans sa poche, un chapeau noir où il pouvait cacher ses pensées et un long manteau qui tombait jusqu’au genou…

Il était seul et il partageait ses pensées avec son esprit. Il faisait très froid dans la capitale de la Suède, mais il n’était pas là juste par hasard…

Il cachait bien son identité sous ses moustaches… personne le connaissait, lui il était le seul a connaitre la raison de son séjour.

« Qui avait tué Lauriane Fargot? »

Les enquêtes l’amenait bien là à Stockholm…

Il logeait à Glama Stan, le quartier historique de la ville, où effectivement la belle modèle était passé avant de commencer la Fashion Week. D’après d’ici ses traces étaient disparus. Où était-elle? Des pistes confondus invoquent à un tuer… Parle t-il suédois?

Le détective Bonetti suive les pistes et actuellement il se trouve où Lauriane logeait, même hôtel, même chambre… Là pendant il fumait une clope allongeait sur le lit, tombe avec le regard sur une lettre, trouvée un moment avant dans le panier de la cuisine.

Hi Jane!

How are you?  I can’t remember the last time we writed,I have a lot of news for you. Right now, I am writing to you from Miami! It is a great city, and normally it’s sunny and warm, but at the moment it is raining.  I am studying English in an excellent school, but I am feeling a little sick today so I am not in class.  A friend from school and I am looking for a place to live together, but for now we are staying in a hotel near the beach. He wants to be a teacher, but for the moment he is working as a waiter, and he thinks he can find me a job at his restaurant.

What are you doing these days? Send me an email!

Your friend,

Lauriane

 

La lettre indique qu’elle écrivait de Miami, pourquoi l’avoir oublié à Stockholm?

Bonetti nous dévoilera le mystère en suivant les enquêtes.

A plus tard ou jamais.

Douce nuit de Stockholm

 

Street Fighter

 

 

Chaque nuit

Chaque jour

Ici et ailleurs

On est toujours dans la rue

 

Chaque jour

Chaque nuit

cassé plié enragé

Toujours ici à la rue

dans le froid

dans la chaleur

avec quelqu’un ou tout seul

dans le silence ou dans le bruit

Absent et présent

plus distant que lointain

Si tu me crois je te déçois

 

Chaque nuit

Chaque jour

Une flamme brule d’énergie

Ta passion se perd dans les vers d’une poésie

Contre-courant un rythme auveglant

Un flux de lumière stupéfiant

À travers l’inconnu tu goutes le saveur de l’ennui…

Soudain un ombre te suis

sans fin.

 

Chaque jour

Chaque nuit

Le rêve est entreprenant

Une délice t’idéalise

Elle s’arrête pendant un moment

Tu sens une petite vibration

 

Chaque jour

Chaque nuit

Par toujours

Ailleurs et ici

Dans la rue

La vie semble appartenir à l’infini.

 

 

Le Polar Nordique: Henning Mankell – Le retour du professeur de danse

« …Je me demande si ce n’est pas à cause du soleil…Un peu comme le suicide. Ils dépriment pendant plus de six mois parce qu’ils ne le voient pas, et quand il arrive, ils sont comme des dingues en attendant qu’il se couche enfin. On doit être naturellement bipolaires. Comme le maniaque- dépressif »1

PROLOGUE

Les polars venus du froid ont déferlé sur l’Europe comme si le crime, le meurtre, la misère sociale, et tout l’attirail du polar s’étaient réfugiés dans un Nord autrefois connu pour sa social- démocratie et le léger parfum d’ennui qui s’en dégage.

Aujourd’hui, les auteurs scandinaves seraient-ils détenteurs d’une recette inconnue des autres ?

Auraient-ils découvert le secret du succès littéraire, la pierre philosophale qui permet de changer en or le moindre des manuscrits ?

Introduction

Dés XIXème siècle, Stein Riverton mettait déjà en scène un détective, « Asbjorn Krag », dont les enquêtes en Suède étaient aussi populaires que celles de Sherlock Holmes. C’est un classique du genre, qui a eu tellement de succès, qu’il a reçu le prix « du meilleur polar de l’année », c’est-à-dire le Riverton Price.

Ensuite, il y eut une longue période de vide jusqu’à l’arrivée fracassante, en 1965, des livres des deux écrivains et détectives Maj Sjöwall et Per Wahlöö. A l’époque, tous deux étaient des gauche, et impressionnaient par leur virtuosité stylistique, presque inimitable dans la description d’une société scandinave violemment déstabilisée par ses contradictions.

L’écrivain Gunnar Staalesen, dans une interview récente, explique la mutation de la société scandinave par la découverte du pétrole, ce facteur l’ayant rendue trop riche et contribuant à lui faire perdre son innocence.

Il y a plus de soixante auteurs de polars nordiques, et plus de cent romans publiés seulement en France, noms des gros calibres comme Henning Mankell, Jo Nesbo et Stig Holmas où derrière leur encre on peut découvrir vaguement l’ombres des poètes et écrivains britanniques comme David Goodies, Jim Thopson, Robin Cook…Où l’inspiration emmène loin, sans flics, ni enquête dans ce dialogue; mais une poésie sombre et violente qui s’attache aux pas de tous ceux qui ne rencontreront jamais le bonheur, un plaidoyer désespéré pour le gueux et leur vermine : une vision commune à tous les grands roman noirs.

«… Le Monde cessera de tuer quand le soleil sera une pierre froide… » 2

De l’origine à nous jours

Début des années 1970 : s’il a bien fait évoluer les mœurs en filmant la nudité sans filtre, le cinéma de Bergman pèse de tout son poids sur l’imaginaire créatif suédois. Le psychologisme du réalisateur et celui plus ancien d’August Strindberg vont générer une réaction dans la littérature et plus particulièrement dans la littérature noire. Mais plus encore que ce surmoi esthétique un rien paralysant, les pionniers vont surtout sérieusement entamer la représentation sociale que le pays cultive de lui-même : un paradis égalitariste et pacifié abonné à la croissance économique et à la justice sociale.

Ainsi on apprend que Per Walhoo et Maj Sjowall étaient les véritables pionniers de cette transformation avec leur personnage de Martin Beck qui inspirera, bien au-delà de la Suède, tous les polars des scandinaves.

D’aucuns cite également Jon Michelet, véritable figure de proue du polar norvégien. Porteur de mauvaises nouvelles dans le paradis scandinave, Michelet a dès les années 1970 posé de très solides bases théoriques du polar où on se gèle : territorialisation de l’intrigue – essentiellement en milieu urbain chez lui – traitement de thèmes politiques – comme la criminalité économique.

En fin c’est Henning Mankell, issu du lumpenprolétariat, qui va rompre totalement avec le psychologisme des classes moyennes. Non rancuniers, les Scandinaves deviennent des passionnés de romans noirs, toujours grâce à Mankell qui donne ses lettres de noblesse littéraires au sous-genre.

Les caractéristiques du roman du nord

En analysant différents auteurs scandinaves on pourra mettre en évidence les caractéristiques dominantes du roman policier et du roman noir.

Le roman de Staalesen met en scène des intrigues criminelles, que son détective résout et, ce faisant, laisse derrière lui le monde un peu plus propre, un peu moins opaque et mystérieux. Holmas se contente de rendre compte. Il n’y a rien à résoudre puisque chaque crime en cache un autre encore plus ignoble. Certain écrivains, Robin Cook en est le parfait exemple, parviennent, au bout d’une enquête policière, à laisser le monde aussi sale qu’ils l’avaient trouvé en entrant, mais ils sont loin d’être la majorité.

Dans le premier tome du Roman de Bergen, ouvrage passionnant de plus de huit cents pages où Staalesen retrace l’histoire de sa ville à travers l’enquête d’un crime commis en 1900 et résolu un siècle plus tard par Varg Veum, l’auteur raconte la somme de travail, d’ingéniosité et la souffrance humaine qu’il fallut mettre en œuvre pour percer la voie ferrée qui permet aujourd’hui de rejoindre Bergen et Oslo. A travers les flancs escarpés des montagnes qui enserrent les fjords, le train grimpe le plus beaux des mondes.

Ensuite chez Staalesen on trouve une certaine ressemblance avec les romans de Simenon qu’à Chandler ou Hammett. Son héros, le détective privé Varg Veum, s’inscrit dans la tradition classique, plus proche de Philip Marlowe – en plus sentimental – que des personnages d’Ellroy. Les intrigues se déroulent à Bergen, ville soigneusement décrite (où il pleut beaucoup). On a la présence de cet ancrage territorial très fort, hérité de Michelet.

Joueur de foot professionnel à dix – sept ans, Jo Nesbo est contraint d’abandonner après une blessure au genou. Reconverti dans la finance, il devient courtier en bourse et gagne une petite fortune avant de commencer à s’ennuyer. Il fonde alors un group rock, DI Derre, qui devient aussitôt l’un de plus célèbres de Scandinavie. Guitariste et chanteur de talent, il est vite la coqueluche d’Oslo mais, hanté depuis toujours par l’écriture, il lâcha sa guitare pour la plume.

Le protagoniste des ses romans s’appelle Harry Hole, il est un policier, il se distingue entre les personnages des autres auteurs surtout pour une qualité : le charme du voyage. Cette décision, explique l’auteur, met en scène un homme suédois, avec ses typiques stéréotypes, non pas en face de la réalité scandinave d’un Pays riche, mais face à l’étranger. Il emmène donc son personnage ailleurs, pour pouvoir une meilleure idée sur la façon de penser scandinave, en ayant une autre vision, selon d’autres circonstances.

Ce personnage est aussi un alcoolique et un désabusé, qui à travers des enquêtes « marathon », le héros parano de Nesbo s’attaque à la corruption, au racisme et à l’égalitarisme de façade d’une société prétendument pacifiée. Dans Rouge-gorge il démonte le mythe d’une Norvège impeccable sous le nazisme. Avec L’étoile du diable, Nesbo fait descendre Harry Hole quatre étages plus bas dans la déprime. Cette fois, il se lance sur les traces d’un serial-killer de femmes, et fouille une nouvelle fois les entrailles de l’histoire décidément peu reluisante de son pays.

Comme Nesbo, Kjell est un auteur à part dans l’interminable liste des auteurs nordiques. D’abord parce qu’il est un styliste, qu’il écrit court et précis et son personnage, le commissaire Gunnarstranda, cherche de relever les secrets de famille de la société bourgeoise norvégienne. Ses romans basent leurs intrigues sur des histoires de divorces, d’enfants et de jardins d’enfants. Il mit ce que Maj Sjöwall et Per Wahlöö avaient imposé à littérature scandinave, c’est-à-dire un peu d’exotisme de nature, de neige, une intrigue simple, des policiers à la vie privée difficile, des problèmes sociétaux et de la politique. Dans le roman scandinave, il soutien sur une revue que les personnages sont plus importants que l’intrigue.

L’Islande, un pays où trois cent mille habitants se bousculent sur un rocher de cent trois mille kilomètres carrés, ne compte pas moins d’une dizaine d’auteurs du genre dont l’un, Arnaldur Indridason a une solide réputation internationale, Stéfansson et Thorarinsson, sont connu au-delà de leurs frontières.

L’écrivain Arnaldur Indridason affirme que l’Islande est une sorte de paradis et pour cette raison que le roman policier a mis autant de temps à naître. Il s’y commettait si peu de crimes que la plupart des gens ont longtemps vu leur société comme un paradis touché par la grâce de l’innocence. En lisant les polars étrangers, ils se trouvaient confortés dans leur opinion que l’enfer était ailleurs. Un paradis tout à fait relatif pour son personnage de policier, Erlandur, qui traine sa déprime de livre en livre entre une ex-femme qui le hait, un fils qui l’ignore et une fille junkie.

Auteur d’une vingtaine de romans, traduits en vingt-six langues, Indridason a trouvé un schéma original qui lui permet de contourner la faiblesse de la criminalité en Islande : la police déterre le squelette d’une personne manifestement assassinée et remonte jusqu’au meurtrier. Le procédé fonctionne, mais il donne aux aventures d’Erlandur une lenteur exaspérante que l’absence de style ne parvient pas à compenser. Obligé de travailler sur le passé, et seulement sur lui, Indridason tombe souvent dans la répétition en s’attardant sur la vie peu exaltante de ses personnages.

Différente c’est la prospective que Arni Thorarinsson, auteur du grand succès Le Temps de la sorcière, tourne vers le roman policer. Son personnage, Einar, est un journaliste alcoolique et désabusé dont l’humour réconfortant tranche avec la morosité sinistre des personnages d’Indridanson.

Dans la grande tradition du roman noir, Thorarinsson décrit une Islande actuelle, malade d’une mondialisation forcée, du racisme et des valeurs imposées par le capitalisme. Il soutient qu’avant la richesse n’était pas une de leurs valeurs, les gens se connaissent tous et vieillissent avec leurs voisins. L’héro principal des ses romans s’appelle Einar, et « einn » veut dire seul, et nombreux sont les aspects qui rapprochent l’écrivain du l’hard- boiled américain.

Avec Brouillages, explose le grand succès du romancier Jon Hallur Stefansson. C’est une histoire d’adultère où on trouve une intrigue très brumeuse, des fausses pistes qui conduisent à une solution que la dernière ligne du roman remet totalement en question.

Stéfansoson n’a aucune explication à avancer sur la vague du polar scandinave, mais il compare l’irruption du genre en Islande à celle de la gastronomie, comme l’entrée dans un nouveau goût.

Un des écrivant plus lus des romans policer suédois actuel s’appelle Karin Alvtegen. La critique mit souvent en évidence les aspects plus remarquables des ses romans, comme ténébreuses et recherchées et d’autres fois contradictoires ou même honteuses. Ses contes son entièrement centrés sur des personnages féminins, on trouve surtout des gens ordinaires pris dans les situations les plus banales de la vie courante et qui sont tenaillés par l’angoisse d’être trahis, mal aimés, incompris.

Un colosse du genre policer très célèbre en Suède est Stieg Larsoon, qui à crée une saga dénommée Millenium. Les deux personnages principaux de la trilogie sont :

Michael Blomkvist, un journaliste qui a perdue sa petite fille, chargé d’une enquête pour meurtre, il se lance à la recherche de la vérité;

Lisabeth Salander, personnage feminin incroyable, elle est une enquêtrice. Elle est sous tutelle à cause de sa vie passée, elle est capable de tout savoir, formidable dans l’espionage. Elle accompagne dans les investigations Blomkvist.

Enfin, l’auteur suédois le plus connu au monde du genre policier actuel s’appelle Henning Mankell. La critique admet que sans lui, le port serait resté ignoré par les touristes venus de toutes parts traquer le commisaire Wallander. Il a choisi de situer l’action dans la plupart des ses romans, dans une petite ville charmante, au milieu d’un paysage conforme à l’image qu’on se fait de la campagne suédoise, dénommé Ystad en Scanie ( sud de la Suède), qui sous sa plume, devient le théâtre de crimes horribles.

Mankell a poussé jusqu’à l’extrême le procédé consistant à s’attacher plus à la vie privée de ses personnages qu’à l’enquête criminelle.

Henning Mankell

Actuellement, il reste l’auteur de romans policiers le plus lu au monde. Il est né en Suède en 1948, et a commencé sa carrière au théâtre autour dix- sept ans, en mettant en scène des pièces. Des années plus tard, il revendique toujours cette passion puisqu’il dirige, à Maputo (Mozambique), le Théâtre Avenida. Dix années plus tard il crée l’inspecteur Wallander, avec Meurtrieur sans visage, le premier des autres innumérables succès.

Le retour du professeur de danse

Nazisme d’hier, nazisme d’aujourd’hui.

L’auteur aborde une face peu connue de son pays, forcément obscure, dans le cœur noir d’une société considérée comme exemplaire, ce conte propose au de-là du suspens, une véritable généalogie de la terreur.

Des événements historiques au prologue, « procès de Belsen » (ne nous pas révélé), on suit le mystérieux voyage, en avion militaire, d’un homme qui se révélera être le bourreau de plusieurs criminels de guerre nazis.

Le récit se place immédiatement dans une visée historique, lorsque l’on assiste ensuite à l’exécution d’un vieillard solitaire, Herbert Molin, de nos jours au milieu d’une Suède rurale et dépeuplée, les pièces du puzzle se réunissent. Celles d’une plongée dans une Histoire qui n’a pas épargné la Suède.

Remplaçant Kurt Wallander, le héros récurrent de Mankell, Stefan Lindman, jeune policier et ancien collègue de Molin, entre en scène et tente, à coté de la police locale ( Giuseppe), de percer à jour ce crime d’une grande barbarie.

Au débout le lecteur est poussé volontiers à lier le prologue, la guerre, le nazisme et bourreaux qui tous ensemble ont réussi à éviter la justice. En avançant avec la lecture, l’écrivain nous surprend et nous ouvre le chemin à un autre crime. De ce double assassinat, on est vite convaincu qu’il y a deux mobiles différents, mais liés.

Cette complexification fait le lien entre deux époques. Le projet de l’auteur à travers ce récit, a son style d’écriture toujours aussi classique et efficace, mais surtout cherche à faire le portrait de son pays. Un auto- portrait en noir, où le personnage principal souffre d’un cancer de la langue (défaut qui le ramène toujours à la réflexion), où les vieillards ne sont pas ce qu’ils semblent, où les familles se découvrent bien tard, où les groupements néo- nazis à l’œuvre ont tendance à se propager.

L’idée d’une contagion du mal est ainsi amadouée par le récit, qui nous conduit de l’Allemagne nazie à l’Amérique du Sud, où de nombreux bourreaux ont trouvé refuge après la guerre, jusqu’en Suède, où la neige semble capable de tout effacer.

Mais un crime appelle un autre crime, même à distance de cinquante ans d’intervalle, comme un morceau de puzzle qui manquait pour finir une histoire terriblement commencée.

Henning Mankell décrit un labyrinthe colossal, où l’on retrouve souvent quelqu’un de connu derrière l’ombre de son propre père. On a l’impression que l’auteur cherche à remettre en question son lecteur, un discours où le passé vit sans rupture avec le présent. Le mal est diffus, mais lorsqu’il se matérialise, il peut être bien plus proche qu’attendu.

En attendant la mort, on pourrait reprocher à l’écriture quelques images révélatrices, telles que la passion de Molin pour les puzzles, alors que sa vie en est elle – même un. L’auteur prétend avoir une réflexion profonde, capable de comprendre le crime et l’histoire des personnages avec leurs vicissitudes privées et quotidiennes.

La structure du roman

« Le retour du professeur de danse » fait partie de la catégorie de roman noir.

Comme tous les romans polars scandinaves l’histoire se déroule à l’intérieur du quasi mythique paysage nord – européen.

Roman noir parce qu’il présente de l’action et de la violence ; les crimes sont toujours signés d’un mystère qui rend fascinante et intriguante le parcours de l’histoire.

On pourrait souligner qu’on peut le situer dans la catégorie des romans policiers historiques, grâce à la reprise d’une histoire réellement passée (le procès Belsen), à travers un récit rempli d’énigmes et d’une réelle intensité.

On assiste à la typologie typique du détective des romans noir. Le code descriptif qu’on trouve est celui d’un homme qui préfère la solitude, qui a eu un passé difficile et qui a toujours des signes particuliers qui le distinguent.

L’auteur utilise la focalisation interne, on suit le développement de l’histoire avec les yeux du protagoniste (private- eye). Chez Mankell surtout le détective travaille de façon émotionnelle, donc l’enquête policière marche ensemble à une enquête existentielle.

L’écrivain utilise souvent une technique qu’on repère pour le cinéma, c’est-à-dire l’effet montage, en liant un événement avec un autre, par exemple, comme dans la scène du prologue il reprend une histoire du passé pour la situer au début.

Le crime est un élément désirable dans le récit, qui va permettre le développement, où on dévoile tout autour des personnages qui sont à eux- même les détenteurs d’un secret, d’un lien à la solution finale. Dans l’histoire il n’y a pas qu’une seule victime et un seul criminel, le meurtre extériorise un élément de la société, tous se répercute sur le crime qui contamine les personnages et l’ambiance.

Conclusion

Chez Mankell on peut faire la connaissance des différentes psychologies des personnages. Ainsi on a jamais accès à la psychologie de la première victime- criminelle – Molin -, en revanche on connait bien les sensations émotives et intuitives du détective –Stefan – qui nous conduit à résoudre le cas.

Selon la critique c’est le doute qui caractérise certains romans policiers, c’est le cas de celui-ci qui comme synonyme porte les prénoms de l’ombre, l’angoisse et finit par la folie. On peut bien le prouver dans le portrait de Molin, personnage très angoissé, changeant d’identité et qui vit dans une espèce de bunker.

Dans ce roman la recherche d’identité est toujours mise en jeu. La vision œdipienne du roman est rendue grâce à l’histoire de chacun qui s’appuie sur son propre passé et l’image du père pour révéler les secrets du présent.

La figure du protagoniste est celle de l’anti- héro, qui l’écrivain rend plus humain à travers ses faiblesses ; et aussi une figure œdipienne, il est conduit toujours par hasard vers la vérité, les indices lui tombe dessus.

Le roman est basé surtout sur une histoire de rupture, les détails nous amènent à découvrir la vérité comme la danse, le carnet de bord dans le cas de Molin (Aron).

Le roman plein de suspens amène le lecteur à se poser des questions :

Pourquoi était- il facile de tuer dans le nazisme ?

Un criminel peut-il se transformer en victime ?

Un crime peut-il nous débarrasser de la haine et nous venger de la justice ?

Au Pôle Nord

Au Pôle Nord J’écoutais une chanson

car il n’y avait rien à faire de tout façon…

Seulement une petite semaine

et il se présentait une énigme nocturne

sur la philosophie gréco-romaine

je me sentais d’être sur Saturne!

Au Pôle Nord

Nous avons négocié

depuis je ne me sens plus obligé

si les affaires reprennent

toute une vie à la traîne on voyait relancer

si si je vous dis, c’était ça la chanson

Amen, Prions!

Au Pôle Nord la nuit

tant pis

je tuerai tout le monde

je m’en irai dehors

parce qu’on vit sans intérêt

et c’est ainsi que mon âme s’étouffera

pendant que quelques princesses

l’occasion fera foirer…

Au Pôle Nord

le soleil j’attends sans illusion

si monsieur débarque

je le tuerai sans allusion

Ici tu regards

un roman policier

l’imagination un instant se réaliser

Et mon cœur s’arrêta